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FINANCEMENT AGRICOLE : ENJEU POUR UNE AGRICULTURE IVOIRIENNE RESILIENTE

Nous sommes heureux de reprendre attache avec nos fidèles lectrices et lecteurs en abordant une problématique récurrente de l’agriculture ivoirienne : le Financement. Nos sincères excuses pour cette longue absence!

Dans cet article, nous commencerons par définir les principaux concepts ; nous ferons une brève analyse de la problématique du financement agricole en Côte d’Ivoire ; puis, nous conclurons en présentant succinctement les solutions envisagées et nos recommandations.

Définition des concepts : « Financement agricole » et « Agriculture résiliente »

Pour nous, le Financement agricole se définit comme l’ensemble des produits et services financiers (crédits de campagne, affacturage, crédits à l’investissement, etc.) adaptés aux besoins des activités des principaux acteurs de l’agriculture. Ces produits et services financiers agricoles doivent être accessibles à ces derniers et contribuent durablement à développer le secteur de l’agriculture. Ce secteur demeure un pilier important du développement économique et social du pays.

Nous qualifierons l’agriculture ivoirienne de résiliente comme son niveau de développement le plus avancé où les principaux acteurs au sein des filières agricoles sont capables de prévoir les chocs éventuels (environnementaux, sociaux, politique, économique, etc.), de les anticiper, de s’adapter, de résister et de rebondir rapidement pour contribuer au développement économique et social du pays.

La problématique du financement agricole en Côte d’Ivoire

La problématique du financement agricole reste un défi majeur pour les différents gouvernements qui se sont succédés à la tête du pays depuis son accession à l’indépendance.

Cette problématique du financement agricole en Côte d’Ivoire se pose différemment d’une filière à une autre, selon notre analyse du secteur de l’agriculture ivoirien. Les défis liés au financement sont différents pour chacune des filières agricoles. Pour les filières café/cacao, ces défis sont moins importants pour la fourniture d'intrants de qualité mais plus important pour la commercialisation intérieure. Pour les filières coton/anacarde, ils sont plus importants pour la commercialisation et la transformation intérieure de la fibre de coton et de la noix de cajou. Pour les filières hévéa/palmiers à huile, ils concernent plus l'accès à des intrants de qualité. Pour les filières des produits vivriers, ils concernent plus la construction de grands ouvrages tels que les marchés, les routes, la logistique et le transport des productions vivrières dans des conditions plus hygiéniques et de sécurité; etc.

Il convient en cela dans la définition d’une approche visant à étudier le financement agricole en Côte d’Ivoire, de poser la problématique filière par filière.

Solutions envisagées/Nos recommandations

Des solutions ont été mise en œuvre par l’état pour résoudre la problématique du financement agricole. Les plus notables sont la création d’établissements financiers publics dédiés au financement agricole ; et des fonds de garanties pour soutenir les systèmes de crédits au sein de certaines filières tels que le fonds de garanties des filières café/cacao. Mais, toutes ces solutions se sont soldées par des échecs. Les exemples de la Banque Nationale de Développement Agricole (BNDA), liquidée en 1991, et de la Banque pour le Financement de l’Agriculture (BFA), liquidée en 2015, sont les plus significatifs. Il n’existe depuis lors aucun établissement financier public dédié au financement agricole.

Nous recommandons premièrement que la question du financement agricole soit abordée sous l’approche des « filières agricoles » et/ou des « chaines de valeurs agricoles ». La finalité serait selon nous d’élaborer des produits et services financiers innovants, capables de satisfaire les besoins spécifiques des acteurs sur chaque maillon des chaines de valeurs ou filières agricoles.

L’identification des risques et de leurs impacts au niveau de chaque maillon constitue en cela un enjeu important pour apporter des solutions durables. Les risques les plus critiques se situent au niveau des producteurs pour diverses raisons : activités fortement liées au climat ; non maitrise des phénomènes ou prévisions climatiques ; faible niveau d’instruction de la majorité des producteurs occupant en moyenne moins de 03 hectares ; etc. Les risques sont moins critiques au niveau des intermédiaires (sociétés coopératives, traitants et sociétés de négoce de matières premières agricoles) ; et ils sont relativement plus aisés à gérer au niveau des sociétés de transformation des matières premières agricoles.

Il convient ainsi d’accenteur les études sur l’identification et la criticité des risques au niveau des producteurs et des intermédiaires en vue de trouver des stratégies moins onéreuses de réponses à ces risques pouvant garantir un bon fonctionnement des filières agricoles.

L’autre enjeu majeur est celui de la professionnalisation des acteurs. Ceci peut être réalisé par les autorités ou organes de régulation, de gestion et d’encadrement des filières afin de donner une meilleure compréhension du fonctionnement des filières aux investisseurs et/ou financiers. Ces structures de régulation pourraient aussi élaborer et rendre obligatoire l’utilisation de contrats standards régissant les relations commerciales entre les différents acteurs, d’un maillon à un autre de la chaine de valeurs agricoles. Cette contractualisation des échanges commerciaux locaux de matières premières agricoles pourraient permettre de mieux gérer les risques de contrepartie, d’identifier les « mauvais joueurs » et de les sortir des maillons. Ce qui pourrait réduire indéniablement les risques inhérents au financement agricole.

 

Pour conclure, nous souhaiterions rappeler que le financement de toute activité ou d’un secteur d’activités est capital pour en garantir la pérennité, voire sa résilience. Il est donc primordial d’élaborer et de mettre en place des produits et services financiers qui assurent un développement inclusif et durable des filières agricoles ivoiriennes.

Nous aimerions toutefois relever que le financement qu’il soit agricole ou non ne peut être accessible à tous les acteurs!

Nous serions très enchantés si vous vouliez bien partager avec nous vos avis sur ce sujet du financement agricole en Côte d’Ivoire. N’hésitez à nous envoyer vos commentaires !

A bientôt !

Steve D.

Lu 1699 fois Dernière modification le lundi, 30 octobre 2023 15:20
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